Vous avez sûrement croisé ces voitures avec le volant à droite sur une autoroute française, une plaque jaune à l’arrière et ce sigle « UK » bien visible. Une question s’impose aussitôt : pourquoi UK et pas GB, comme on voyait avant ? Et d’où vient ce code en premier lieu ? Réponse en quelques minutes.
GB pendant 111 ans : pourquoi ce sigle existait
Tout commence en 1909, lors d’une convention internationale sur la circulation des véhicules automobiles. Les pays signataires décident alors qu’un conducteur traversant une frontière doit apposer à l’arrière de son véhicule un oval blanc avec un code pays en lettres noires. Ce système est encore en vigueur aujourd’hui dans des dizaines de pays, codifié ensuite par les conventions de Genève (1949) et de Vienne (1968).
Pour le Royaume-Uni, le code retenu à l’époque est GB, pour Great Britain, soit la Grande-Bretagne. Et c’est là que ça devient intéressant.
GB et UK, ce n’est pas la même chose
La Grande-Bretagne et le Royaume-Uni sont deux entités distinctes. La Grande-Bretagne désigne l’île principale qui réunit l’Angleterre, l’Écosse et le Pays de Galles. Le Royaume-Uni, lui, y ajoute une quatrième nation : l’Irlande du Nord.
Autrement dit, pendant 111 ans, les voitures britanniques circulaient à l’étranger sous un code qui oubliait tout simplement l’Irlande du Nord. Une anomalie géographique et symbolique que peu de gens remarquaient, jusqu’à ce qu’un événement majeur vienne tout bousculer.
Le Brexit change la donne en 2021
Septembre 2021. Le Royaume-Uni vient de quitter l’Union européenne depuis quelques mois. Le gouvernement britannique en profite pour modifier l’identifiant international des véhicules. À partir du 28 septembre 2021, le code GB est officiellement remplacé par UK, pour United Kingdom, soit Royaume-Uni en français.
Le ministère des Transports britannique justifie ce changement en deux points. D’abord, une question d’exactitude géographique : UK englobe les quatre nations, Irlande du Nord comprise. Ensuite, une démarche symbolique d’unité nationale, dans un contexte post-Brexit où le gouvernement souhaitait affirmer une identité britannique cohérente sur tous ses supports officiels.
Concrètement, qu’est-ce que ça a changé pour les conducteurs
Pas grand-chose, en pratique. Les automobilistes britanniques n’ont pas été forcés d’acheter de nouvelles plaques. Un simple autocollant UK collé sur l’identifiant existant suffit pour être en règle à l’étranger. Ceux qui ont renouvelé leur plaque après 2021 ont directement reçu le nouveau format intégrant le badge UK avec l’Union Jack.
Par ailleurs, le Brexit a également signé la fin de l’eurobande sur les plaques britanniques : le bandeau bleu avec les étoiles européennes à gauche de la plaque a disparu, remplacé par ce badge UK au fond de l’Union Jack.
UK sur une plaque, c’est l’Ukraine ?
Non, et c’est une confusion fréquente. Le code international de l’Ukraine est UA, pas UK. Si vous voyez une plaque avec UK dessus, c’est bien une voiture immatriculée au Royaume-Uni. Les deux lettres peuvent se ressembler à l’oral, mais sur une plaque minéralogique, elles sont parfaitement distinctes.
Comment lire une plaque britannique
Tant qu’on y est, un petit décryptage s’impose. Une plaque britannique suit toujours ce format : 2 lettres, 2 chiffres, 3 lettres, soit sept caractères au total, attribués à vie au véhicule.
Les deux premières lettres indiquent la région d’immatriculation. Un L pour Londres, MA à MX pour Manchester. Les deux chiffres suivants donnent la date approximative d’immatriculation : le 21, par exemple, correspond à une immatriculation entre mars et août 2021. Les trois dernières lettres sont une combinaison aléatoire.
La plaque avant est blanche, la plaque arrière est jaune. C’est le repère visuel le plus immédiat pour identifier une voiture venue d’outre-Manche. Ça, le Brexit ne l’a pas changé.
