La réponse est simple : ça dépend de votre année de naissance. Si vous êtes né avant le 1er janvier 1988, vous pouvez rouler librement en voiture sans permis, sans formation ni attestation. Si vous êtes né après cette date, vous devez obligatoirement posséder le permis AM, l’ancien BSR. Une règle claire, mais qui cache quelques exceptions importantes.
BSR et voiture sans permis : la règle selon votre date de naissance
Né avant 1988 : aucune obligation
Vous avez plus de 37 ans aujourd’hui ? Bonne nouvelle, vous êtes totalement exempté de toute formation pour conduire une voiturette. Aucun BSR, aucun permis AM, rien. Vous pouvez prendre le volant d’une voiture sans permis dès maintenant, sans passer par la case formation.
Cette exemption date de la création du BSR en 1996. Le législateur a estimé que les personnes déjà majeures à l’époque n’avaient pas à repasser une formation pour un véhicule aussi limité. Pratique quand on a perdu son permis B ou qu’on ne souhaite simplement pas le passer.
Né après 1988 : le permis AM est obligatoire
Pour tous ceux nés à partir du 1er janvier 1988, le permis AM est obligatoire pour rouler en voiture sans permis. Ce qu’on appelait avant le BSR a été rebaptisé permis AM en 2013, mais le principe reste le même : une formation théorique et pratique pour maîtriser les bases de la conduite.
Sans ce permis AM, prendre le volant d’une voiturette vous expose à une amende de 35€ et à l’immobilisation immédiate du véhicule. Les gendarmes contrôlent, ne croyez pas qu’on passe entre les mailles. J’ai vu un jeune de 16 ans se faire coincer à 500 mètres de chez lui, voiture immobilisée sur place, parents obligés de venir la chercher. Pas glorieux.
L’âge minimum pour obtenir le permis AM ? 14 ans. Oui, vous avez bien lu. Un gamin de 14 ans peut légalement conduire une voiture sans permis sur la voie publique, à condition d’avoir validé sa formation. Ça fait bizarre au début, mais c’est la loi.
Les exceptions qui changent tout
Deux situations vous dispensent du permis AM même si vous êtes né après 1988.
Première exception : vous possédez déjà le permis B. Logique, vous avez déjà appris à conduire un véhicule bien plus puissant, pas besoin de repasser une formation basique pour une voiturette bridée à 45 km/h. Votre permis B suffit amplement.
Deuxième exception : vous êtes en conduite accompagnée depuis vos 15 ans. L’attestation de formation initiale obtenue en début de conduite accompagnée vous autorise à conduire seul une voiture sans permis. Une aubaine pour les jeunes qui veulent rouler avant d’obtenir leur permis B à 18 ans.
Comment obtenir le permis AM pour conduire une VSP
La formation théorique : ASSR ou ASR
Avant de passer la formation pratique, vous devez valider une formation théorique. Deux options selon votre situation.
Si vous êtes scolarisé, vous passez l’ASSR (Attestation Scolaire de Sécurité Routière). L’ASSR 1 se passe en classe de 5ème, l’ASSR 2 en classe de 3ème. Il vous suffit d’en valider une seule. L’épreuve consiste en 20 questions à choix multiples sous forme de vidéos. Note minimale requise : 10/20. C’est gratuit, c’est organisé par le collège, et franchement, c’est accessible si vous avez un minimum révisé.
Si vous n’êtes plus scolarisé ou si vous avez raté l’ASSR à l’époque, direction la préfecture ou un organisme agréé pour passer l’ASR (Attestation de Sécurité Routière). Même format, même niveau, juste que vous le faites en dehors du cadre scolaire. Là aussi, c’est gratuit.
Cette partie théorique évalue vos connaissances de base du code de la route et des comportements à adopter. Rien d’insurmontable, mais ne la négligez pas : sans cette attestation, impossible de s’inscrire à la formation pratique.
La formation pratique : 8 heures sur deux jours
Une fois votre ASSR ou ASR en poche, place à la formation pratique. Elle dure 8 heures minimum, réparties sur au moins deux jours. Pas possible de tout boucler en une journée, le temps de repos entre les séances est obligatoire.
Depuis 2024, gros changement : la formation se fait désormais exclusivement sur quadricycle léger, plus sur cyclomoteur. Concrètement, vous apprenez directement sur une voiture sans permis, pas sur un scooter. Plus cohérent quand on sait que la majorité des gens passent le permis AM pour conduire une voiturette.
Le programme se découpe en cinq séquences obligatoires. D’abord, des échanges sur les représentations de la conduite et la sécurité routière. Ensuite, des cours de conduite hors circulation pour maîtriser le véhicule dans un environnement sécurisé. Puis, de la conduite sur voie publique en circulation réelle. Enfin, des échanges sur les risques et comportements à adopter.
Aucun examen final. Vous suivez les 8 heures, l’auto-école ou l’organisme agréé vous délivre une attestation de suivi de formation. Cette attestation est valable 4 mois, le temps de faire votre demande de permis AM définitif.
Inscription et obtention du titre : démarches ANTS
Seule l’auto-école ou l’organisme agréé où vous avez suivi la formation peut faire la demande de permis AM pour vous. Vous ne pouvez pas la faire vous-même. L’établissement s’occupe de tout sur le site de l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés).
Quelques semaines plus tard, vous recevez votre permis AM par courrier recommandé avec accusé de réception. Un document officiel avec photo, valable 15 ans dans toute l’Europe. Gardez-le précieusement, vous devrez le présenter en cas de contrôle.
Les délais réels ? Comptez entre 3 et 6 semaines après la fin de votre formation pour recevoir le titre. Pendant ce temps, votre attestation de suivi fait foi et vous autorise à rouler. Mais attention, elle n’est valable que 4 mois. Si votre permis AM n’arrive pas dans ce délai, contactez rapidement l’auto-école.
Prix réel : de 150 à 400€ selon les régions
Le tarif de la formation pratique n’est pas fixé par l’État. Chaque auto-école décide librement de ses prix. Résultat, les écarts sont énormes d’une région à l’autre, voire d’une ville à l’autre.
En moyenne, comptez entre 150 et 400€ pour les 8 heures de formation. Les grandes villes et les zones touristiques tirent les prix vers le haut. À Paris ou Nice, vous serez plutôt autour de 350-400€. En province rurale, certains établissements proposent la formation à 150-200€.
Mon conseil : comparez au moins trois auto-écoles avant de vous inscrire. Demandez des devis détaillés. Vérifiez que le prix inclut bien les 8 heures complètes, l’équipement (casque si formation sur cyclo avant 2024), et l’inscription sur l’ANTS. Certaines écoles ajoutent des frais cachés, soyez vigilant.
La formation théorique (ASSR ou ASR) reste gratuite. Vous n’avez donc à payer que la partie pratique.
Les règles à respecter au volant d’une voiture sans permis
Vitesse, passagers, routes interdites
Conduire une voiture sans permis ne signifie pas rouler comme bon vous semble. Des règles strictes encadrent l’utilisation de ces véhicules.
La vitesse maximale est bridée à 45 km/h. Ce n’est pas une recommandation, c’est une limite technique imposée par la loi. Toute voiture sans permis est bridée en usine. Débrider le moteur est interdit et vous expose à de lourdes sanctions.
Vous ne pouvez embarquer qu’un seul passager en plus de vous. Les voitures sans permis sont des véhicules biplace, point. Si vous transportez un enfant de moins de 10 ans, équipez-vous d’un système de retenue homologué adapté à son âge et à son poids.
Les autoroutes, voies rapides, voies express et périphériques vous sont interdits. Votre voiture sans permis est limitée aux routes classiques, aux départementales et aux nationales à double sens. Logique quand on roule à 45 km/h maximum, mais ça limite sérieusement les trajets longue distance.
Assurance et immatriculation obligatoires
Même sans permis B, vous devez assurer votre voiture sans permis. L’assurance responsabilité civile est le minimum légal. Elle couvre les dommages que vous pourriez causer à un tiers. Rouler sans assurance vous expose à une amende de 3750€, la confiscation du véhicule et une suspension de permis (même si vous n’en avez pas, ça complique l’obtention future).
Le prix d’une assurance pour voiture sans permis est généralement moins élevé que pour une voiture classique. Comptez entre 30 et 60€ par mois selon votre profil et les garanties choisies. Vous pouvez souscrire une assurance tous risques si vous le souhaitez, notamment pour un véhicule neuf.
L’immatriculation est obligatoire. Vous devez faire votre demande de carte grise auprès de l’ANTS, comme pour n’importe quel véhicule. Une plaque d’immatriculation doit être apposée à l’arrière de la voiturette. Sans immatriculation, vous circulez illégalement.
Bonne nouvelle : les voitures sans permis sont dispensées de contrôle technique. Pas besoin de passer à la visite tous les deux ans comme pour une voiture classique. Un point de moins à gérer dans l’entretien.
Code de la route : mêmes règles, sanctions différentes
Erreur fréquente : croire qu’en voiture sans permis, on échappe au code de la route. Faux. Vous devez respecter exactement les mêmes règles que tous les autres usagers.
Griller un stop, téléphoner au volant, franchir une ligne blanche, refuser la priorité à un piéton, rouler sans ceinture : toutes ces infractions sont sanctionnables. Les forces de l’ordre contrôlent les voitures sans permis comme les autres véhicules.
La différence ? Vous ne perdez pas de points puisque vous n’avez pas de permis à points. Mais vous payez des amendes. Et dans les cas graves, un juge peut prononcer une interdiction de conduire tout véhicule terrestre à moteur, y compris les voitures sans permis. Cette interdiction peut durer quelques mois ou, dans les cas extrêmes de multirécidive, à vie.
Sanctions et infractions : ce que vous risquez vraiment
Amendes possibles, pas de retrait de points
Sans permis à points, impossible de vous retirer des points. Mais les amendes tombent quand même. Une contravention pour usage du téléphone au volant, c’est 135€. Un stop grillé, 135€ aussi. Un excès de vitesse dans une zone limitée à 30 km/h alors que vous roulez à 45 km/h ? 68€.
Oui, on peut verbaliser pour excès de vitesse même en voiture sans permis. Les zones 20 et 30 km/h se multiplient en ville. Rouler à 45 km/h dans ces secteurs vous met en infraction. Les radars automatiques ne font pas la différence entre une voiture classique et une voiturette.
Les amendes s’accumulent, mais sans retrait de points. Problème : certains jeunes conducteurs de voiturettes développent un sentiment d’impunité. Pas de points à perdre, donc pourquoi faire attention ? Erreur dangereuse.
Cas graves : interdiction judiciaire de conduire
Les infractions les plus graves ne se règlent pas avec une simple amende. La conduite en état d’ivresse, par exemple, peut entraîner l’immobilisation immédiate du véhicule et une interdiction de conduire prononcée par le tribunal.
Un juge peut interdire l’utilisation de tout véhicule terrestre à moteur pour les cas les plus sérieux. Délit ou crime au volant d’une voiture sans permis, multirécidive grave, mise en danger délibérée d’autrui : ces situations débouchent sur une inscription au fichier des personnes interdites de conduire (FIC). L’interdiction peut aller de quelques mois jusqu’à la vie entière.
Concrètement, si vous êtes fiché au FIC, vous ne pouvez plus conduire ni voiture sans permis, ni scooter, ni aucun autre véhicule motorisé. Même après avoir obtenu votre permis B plus tard, l’interdiction reste active jusqu’à son terme.
La réalité des contrôles
Les contrôles se multiplient. L’essor des voitures sans permis ces dernières années attire l’attention des forces de l’ordre. En 2024, 32 000 voitures sans permis ont été immatriculées en France, soit plus du double qu’en 2019.
Cette explosion s’accompagne d’une hausse inquiétante des accidents mortels. 34 personnes sont mortes en voiturette en 2024, soit 48% de plus qu’en 2023. Les deux tiers des décès ont eu lieu hors agglomération, là où ces véhicules légers se montrent particulièrement vulnérables.
Résultat : les contrôles routiers ciblent de plus en plus les conducteurs de voiturettes. Permis AM, assurance, immatriculation, alcoolémie, tout est vérifié. Ne pensez pas passer inaperçu parce que vous roulez en voiture sans permis.
VSP sans BSR ni permis AM : qui peut encore rouler librement ?
Les personnes nées avant 1988
Si vous êtes né avant le 1er janvier 1988, vous pouvez conduire une voiture sans permis sans aucune formation préalable. Aucun BSR, aucun permis AM, aucune attestation à présenter. Cette exemption totale vaut même si vous n’avez jamais passé le moindre examen de conduite de votre vie.
Vous devez quand même respecter l’âge minimum de 14 ans pour prendre le volant, mais passé cet âge, vous êtes libre de rouler en voiturette. L’immatriculation et l’assurance restent obligatoires, évidemment, mais aucune formation n’est requise.
Cette règle concerne aujourd’hui toutes les personnes de plus de 37 ans. Un sacré avantage pour ceux qui ont perdu leur permis B suite à une annulation ou qui ne souhaitent tout simplement pas passer l’examen.
Titulaires du permis B ou en conduite accompagnée
Le permis B vous autorise automatiquement à conduire une voiture sans permis, quelle que soit votre date de naissance. Vous avez déjà prouvé votre capacité à maîtriser un véhicule motorisé, pas besoin de repasser quoi que ce soit pour une voiturette.
Les jeunes en conduite accompagnée à partir de 15 ans bénéficient aussi d’une exemption. L’attestation de formation initiale obtenue en début de conduite accompagnée suffit pour conduire seul une voiture sans permis. Pratique pour gagner en autonomie avant d’obtenir le permis B à 18 ans.
Ces deux exceptions sont logiques : dans les deux cas, vous avez reçu une formation à la conduite bien plus poussée que celle du permis AM.
Cas particuliers : véhicules de faible puissance
Une dernière exception méconnue : les voiturettes électriques de puissance inférieure à 1 kW échappent à toute obligation de permis, quel que soit l’âge du conducteur. Ces véhicules ultra-légers sont tellement bridés qu’aucune formation n’est exigée.
Attention, on parle ici de véhicules vraiment très limités. La plupart des voitures sans permis dépassent largement 1 kW. Cette exception concerne une infime minorité de véhicules, souvent des quadricycles ultra-légers destinés à un usage très spécifique.
Pour tous les autres modèles, les règles classiques s’appliquent : permis AM obligatoire pour les personnes nées après 1988, sauf détention du permis B ou conduite accompagnée.
