Pagani Huayra Codalunga : hypercar à 7 millions d’euros

La Pagani Huayra Codalunga est probablement l’une des hypercars les plus exclusives jamais construites. Présentée en 2022, elle se limite à 5 exemplaires vendus 7 millions d’euros pièce. Cette version allongée de la Huayra classique rend hommage aux légendaires voitures de course à longue queue des années 60. En 2025, Pagani a même dévoilé une version Speedster à toit ouvert, encore plus rare avec seulement 10 unités prévues.

Codalunga, ça veut dire quoi exactement ?

« Coda lunga » signifie littéralement « longue queue » en italien. Ce terme fait référence à une architecture automobile née dans les années 60, notamment sur les circuits d’endurance du Mans. À l’époque, les ingénieurs allongeaient l’arrière des voitures pour améliorer l’aérodynamisme et gagner de précieuses fractions de seconde en ligne droite.

Pourquoi ressortir ce concept aujourd’hui ? Parce que deux clients passionnés de Pagani ont frappé à la porte d’Horacio Pagani avec une demande bien précise : ils voulaient une Huayra inspirée de ces légendes du sport automobile. Des modèles comme la Porsche 908 LH ou la Ferrari 330 P4, ces sculptures roulantes qui ont marqué l’histoire.

Le projet a été confié à Pagani Grandi Complicazioni, la division spéciale de la marque qui réalise des créations sur mesure pour une poignée de clients fortunés. Exactement comme les carrossiers italiens des années 60 qui façonnaient des pièces uniques à la demande. Deux années complètes de développement, avec maquettes à l’échelle 1:4 puis grandeur nature, pour affiner chaque détail avec les clients.

Les différences avec la Huayra classique

Un arrière rallongé de 36 cm

La Codalunga s’étire de 360 mm par rapport à la Huayra Coupé standard. Ça peut sembler anecdotique sur le papier, mais visuellement, ça change tout. Le capot moteur arrière fait plus de 3,7 m² de surface, un chiffre impressionnant qui donne à la voiture cette silhouette étirée, presque liquide.

Les lignes sont plus fluides, plus épurées. On retrouve l’esprit des Porsche 917 ou des prototypes Ferrari qui couraient à Sarthe. La différence la plus visible ? L’absence totale de grilles à l’arrière. Exit les aérations habituelles, place à une vision dégagée sur l’échappement et la mécanique. C’est radical, pur, presque brutal.

Un design épuré, presque minimaliste

Horacio Pagani a une expression favorite pour décrire la Codalunga : « enlever plutôt qu’ajouter ». Concrètement, ça se traduit par un design simplifié au maximum. Les doubles phares remplacent les quatre feux classiques de la Huayra. Les blocs optiques arrière adoptent un dessin inédit, plus intégré.

Mais la vraie rupture stylistique, c’est l’abandon de la fibre de carbone apparente. Pour la première fois sur une Pagani, la carrosserie est peinte dans une magnifique teinte Azzuro Sardinia semi-mate qui sublime les formes. Les nouvelles jantes ont été redessinées pour optimiser le refroidissement des freins, un détail technique qui devient un élément esthétique.

Un échappement en titane de 4,4 kg seulement

L’échappement de la Codalunga mérite un paragraphe à lui tout seul. Fabriqué entièrement en titane, il pèse à peine 4,4 kg. Oui, vous avez bien lu. Pour comparaison, un échappement classique de sportive dépasse facilement les 20 kg.

Mais le vrai tour de force, c’est son revêtement en céramique blanche, une première mondiale sur une voiture de série. Ce coating protège le système tout en offrant un rendu visuel spectaculaire. Les quatre sorties signature disposées en carré rendent hommage aux voitures de course historiques. Et la symphonie qui sort de là ? Du pur bonheur auditif pour qui aime le chant d’un V12 atmosphérique dopé par deux turbos.

Fiche technique : un V12 AMG de 840 ch

Le moteur

Sous le long capot arrière trône un V12 biturbo de 6,0 litres développé par Mercedes-AMG selon les spécifications draconiennes de Pagani. La puissance atteint 840 ch (certaines sources évoquent 829 ch, la différence vient probablement des protocoles de mesure) avec un couple monumental de 1 100 Nm.

Ce qui impressionne, c’est la plage d’utilisation : le couple maximal est disponible de 2 000 à 5 600 tr/min. Autrement dit, la Codalunga pousse fort dès les bas régimes et ne lâche rien jusqu’à la zone rouge. La transmission ? Une boîte séquentielle Xtrac à 7 rapports, taillée pour encaisser ce déluge de couple.

Le poids et l’aérodynamisme

Avec 1 280 kg sur la balance, la Codalunga affiche un poids record pour une hypercar moderne. C’est plus léger qu’une Porsche 911 GT3, et on parle ici d’une voiture avec un V12 biturbo, une transmission sophistiquée et un équipement complet.

Comment Pagani arrive à ce résultat ? Utilisation massive de fibre de carbone, d’aluminium et de titane partout où c’est possible. Mais aussi une chasse impitoyable au moindre gramme superflu. Les ingénieurs ont même supprimé des fixations jugées redondantes pour gagner quelques dizaines de grammes ici et là.

L’aérodynamisme active hérite de quatre volets à profil variable, une technologie que Pagani maîtrise depuis 2011 et qu’elle affine à chaque nouveau modèle. Ces volets s’ajustent en temps réel selon la vitesse, l’angle de braquage et la force de freinage pour optimiser l’appui ou réduire la traînée. L’allongement de la Codalunga améliore naturellement l’efficacité aérodynamique globale.

Les performances

Pagani ne communique volontairement aucun chiffre de performances brut. Pas de 0 à 100 km/h, pas de vitesse maximale annoncée. Pourquoi ? Parce que la marque refuse de tomber dans la course aux chiffres. Leur philosophie privilégie l’émotion, la sensation de conduite, l’expérience globale.

Cela dit, avec un rapport poids/puissance délirant et une aérodynamique travaillée au cordeau, la Codalunga se défend forcément très bien sur le papier. Et surtout, elle est homologuée pour la route dans le monde entier, ce qui n’est pas une mince affaire vu son caractère extrême.

L’intérieur : artisanat d’exception

Monter à bord d’une Codalunga, c’est pénétrer dans un univers où l’artisanat automobile atteint des sommets. Les sièges sont recouverts de cuir et nubuck cousus main selon un motif géométrique inspiré du monde de la mode. Chaque point de couture est réalisé à la main, chaque pli travaillé individuellement.

Le pommeau de vitesse combine bois et carbone dans une pièce unique qui nécessite plusieurs jours de fabrication. Les inserts en aluminium de la console centrale sont usinés dans la masse, pas moulés. Ça prend un temps fou, mais le résultat est incomparable. Les commandes physiques rappellent les toggles des avions de ligne, avec ce clic satisfaisant quand on les actionne.

Paradoxe moderne : malgré cette ambiance résolument old-school, l’habitacle intègre Apple CarPlay et les technologies actuelles. Pagani arrive à marier héritage et modernité sans que ça jure. Chaque client reçoit également un set de bagages sur mesure assorti à la sellerie de sa voiture, parce que l’exclusivité va jusque-là.

Pagani Huayra Codalunga Speedster : la version découvrable

En juillet 2025, Pagani a levé le voile sur la Huayra Codalunga Speedster, une déclinaison à toit ouvert présentée au Wynn Las Vegas Concours d’Elegance. Cette fois, la production grimpe à 10 exemplaires, ce qui en fait une version « presque commune » comparée au coupé limité à 5 unités.

Visuellement, le Speedster reprend l’essentiel du design de la Codalunga, simplement débarrassé de son toit. La ligne reste sublime, peut-être même encore plus pure sans cette casquette. La puissance progresse légèrement à 852 ch avec le même couple de 811 lb-ft.

La grande nouveauté, celle qui fait saliver les puristes ? La disponibilité d’une boîte manuelle à 7 rapports. C’est seulement la deuxième Huayra à proposer cette option après la Huayra Epitome. À l’heure où les supercars abandonnent massivement les transmissions manuelles, Pagani fait le choix inverse. Un pied de nez bienvenu à l’automatisation généralisée.

Côté style, on note six sorties d’échappement : quatre en carré dans la partie supérieure, deux supplémentaires dissimulées dans le diffuseur arrière. Le prix ? Pagani reste discret, mais on parle facilement de plus de 7 millions d’euros. Les livraisons débuteront courant 2026 pour les heureux propriétaires.

Prix et exclusivité : un objet de collection avant tout

Parlons argent. La Pagani Huayra Codalunga démarre à 7 millions d’euros. Oui, sept. Pour ce tarif stratosphérique, vous obtenez l’une des cinq voitures jamais construites. Les cinq exemplaires ont été vendus avant même le début de la production, preuve que le marché existe pour ce niveau d’exclusivité.

Le Speedster suit la même logique avec ses 10 unités, toutes déjà réservées. À ce stade, on ne parle plus vraiment de voiture mais d’œuvre d’art roulante, d’investissement spéculatif aussi. Une Codalunga en parfait état prendra mécaniquement de la valeur dans les années à venir. La rareté absolue garantit l’intérêt des collectionneurs.

La méthode Pagani ressemble à celle des carrossiers des années 60. Chaque client travaille directement avec les équipes de Grandi Complicazioni pendant deux ans pour affiner son projet. Choix des matériaux, teintes, finitions, détails techniques… Tout est personnalisable. C’est du sur-mesure au sens le plus pur du terme.

Pourquoi la Codalunga existe ?

Question légitime : pourquoi créer une variante de la Huayra alors que Pagani a déjà lancé l’Utopia, son successeur officiel ? Parce que la marque fonctionne différemment. Elle ne tue pas ses modèles du jour au lendemain. Elle les fait évoluer, les décline, répond aux demandes spécifiques de clients passionnés.

La Codalunga incarne parfaitement la philosophie d’Horacio Pagani : l’émotion et l’art avant le chronomètre. Il ne s’agit pas de battre des records sur le Nürburgring ou de claquer le 0 à 100 km/h le plus rapide. Il s’agit de créer quelque chose de beau, d’émouvant, de rare. Quelque chose qui parle au cœur avant de parler au cerveau.

C’est un hommage aux légendes du Mans, aux carrossiers italiens qui sculptaient l’aluminium à la main, à une époque où l’automobile était autant de l’ingénierie que de la poésie. Pour une poignée de collectionneurs fortunés qui recherchent l’exclusivité absolue et le design intemporel, la Codalunga représente le Graal.

La Pagani Huayra Codalunga pousse la vision de la marque italienne dans ses derniers retranchements. Plus qu’une hypercar ultra-performante, c’est un objet d’art fonctionnel, une sculpture mécanique limitée à quelques exemplaires pour le monde entier. Un concentré d’artisanat, de passion et d’héritage qui justifie amplement son statut de légende vivante.

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koes.buisness@gmail.com
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