Koenigsegg One:1 : fiche technique, prix & avis

1360 chevaux pour 1360 kilos. Un rapport 1:1 que tout le monde pensait impossible sur une voiture homologuée route. Pourtant, Koenigsegg l’a fait en 2014 avec la One:1, baptisée première megacar de l’histoire. Sept exemplaires seulement ont été produits, et chacun se négocie aujourd’hui au-delà de 10 millions d’euros sur le marché secondaire. Mais qu’est-ce qui justifie un tel statut ? Plongée dans les entrailles d’une fusée suédoise qui a redéfini les limites de l’hypercar.

Le concept One:1 expliqué simplement

Un mégawatt de puissance, un rapport mythique

Le nom One:1 se prononce « one to one », comme un ratio. Il désigne le rapport poids/puissance parfait : 1 cheval pour 1 kilo. En clair, 1360 chevaux pour un poids à vide de 1360 kg. Pourquoi c’est dingue ? Parce qu’atteindre ce ratio sur une voiture de route homologuée, avec tout l’équipement de série, la climatisation, les airbags, les normes de sécurité, c’était considéré comme techniquement irréalisable.

Pour vous donner une idée, la plupart des sportives tournent entre 0,3 et 0,5 ch/kg. Une Ferrari 488 GTB atteint 0,55. Une Porsche 911 Turbo S, environ 0,43. Là, on parle de 1,0 pile. C’est comme greffer un réacteur d’avion de chasse dans une coque de Formule 1 et pouvoir rouler avec sur autoroute le dimanche matin.

Christian von Koenigsegg, le patron et ingénieur en chef de la marque, a conçu ce monstre comme une démonstration de force : prouver que son petit atelier suédois de 115 employés pouvait tutoyer l’impossible. Et il a réussi.

Qu’est-ce qu’une megacar ?

Le terme megacar a été inventé par Koenigsegg pour la One:1. Il désigne une voiture capable de dépasser le seuil symbolique du mégawatt de puissance, soit 1360 chevaux environ. C’est un cran au-dessus de l’hypercar.

Là où une Bugatti Veyron ou une McLaren P1 jouent dans la cour des hypercars (entre 700 et 1000 ch), la One:1 franchit une nouvelle frontière. Elle ouvre une catégorie à part, réservée aux engins qui combinent puissance absolue, légèreté extrême et technologies de compétition adaptées à la route. Depuis, seules quelques rares machines ont rejoint ce club très fermé.

Fiche technique : les chiffres qui donnent le vertige

Voici les données qui font de la Koenigsegg One:1 un objet à part dans l’univers automobile.

CaractéristiqueValeur
MoteurV8 5.0L biturbo maison
Puissance1360 ch (1 MW)
Couple1371 Nm à 6000 tr/min
Poids à vide1360 kg
Rapport poids/puissance1:1
0 à 100 km/h2,8 secondes
0 à 200 km/h6,5 secondes
0 à 300 km/h11,9 secondes
Vitesse maximale440 km/h (théorique)
TransmissionBoîte double embrayage 7 rapports
ChâssisMonocoque carbone avec nid d’abeille F1
Production7 exemplaires (2014-2015)

Pour situer le niveau, la Bugatti Veyron Super Sport affichait 1200 ch pour 1838 kg (0,65 ch/kg). La LaFerrari tournait à 963 ch pour 1255 kg (0,77 ch/kg). La Porsche 918 Spyder culminait à 887 ch pour 1640 kg (0,54 ch/kg). Aucune ne s’approchait du ratio 1:1. La One:1 les a toutes humiliées sur le papier.

L’aérodynamique de compétition au service de la route

Des solutions empruntées au Mans

Koenigsegg n’a pas conçu la One:1 comme une simple voiture rapide. L’objectif était d’en faire un outil de piste homologué route, capable de rivaliser avec les prototypes LMP1 tout en restant utilisable au quotidien.

L’aileron arrière actif s’inspire directement des voitures des 24 Heures du Mans. Il se déploie et s’ajuste en fonction de la vitesse et du mode de conduite. À 250 km/h, la One:1 génère 600 kg d’appui aérodynamique. Pas mal pour une voiture qui pèse 1360 kg à vide.

Les winglets latéraux, les tunnels venturi étendus sous le plancher et les splitters avant optimisés participent à cette efficacité aéro. Le diffuseur arrière canalise l’air de manière chirurgicale. Résultat : la voiture colle au bitume comme une sangsue, même à des vitesses où la plupart des supercars commencent à décoller.

Un équilibre route/piste unique

Vous pourriez penser qu’une telle machine est injouable en ville. Pas tout à fait. La One:1 dispose de plusieurs modes de conduite. En mode confort, la suspension s’assouplit, la garde au sol remonte, l’aileron se rétracte. La climatisation fonctionne, les vitres électriques aussi, et vous avez même une chaîne audio six haut-parleurs. Oui, vraiment.

En mode piste, tout change. La suspension se raidit, la garde au sol descend, l’aéro se met en position attack, et les amortisseurs actifs ajustent leur comportement en temps réel. Vous basculez alors dans un autre monde, celui des chronos de GT1 avec le double de puissance.

Cette dualité est rare. Peu de constructeurs osent marier autant d’agressivité technique avec une vraie utilisabilité quotidienne. Koenigsegg l’a fait parce que c’est inscrit dans l’ADN de la marque : pas de compromis sur la performance, mais jamais au détriment du confort minimal.

Le moteur : 197 kg de technologie pure

Le cœur de la bête, c’est un V8 5.0 litres biturbo entièrement développé en interne par Koenigsegg. Il ne pèse que 197 kg, ce qui en fait l’un des moteurs les plus légers jamais montés sur une hypercar de cette puissance.

Comment ? Grâce à un collecteur d’admission en fibre de carbone, des turbos imprimés en 3D (oui, vous avez bien lu), et une architecture aluminium ultra-optimisée. Les turbos eux-mêmes sont une prouesse : ils délivrent plus de 1000 Nm de couple disponible entre 3000 et 7800 tr/min. Une plage d’utilisation énorme.

Le moteur tourne jusqu’à 8250 tr/min. Pour un V8 biturbo de 5 litres, c’est colossal. La plupart des blocs suralimentés de cette cylindrée s’essoufflent autour de 7000 tours. Là, Koenigsegg pousse le curseur encore plus loin.

Autre détail malin : le moteur accepte trois types de carburant. E85 biofuel pour la puissance maximale (1360 ch), SP98 classique pour rouler normalement (autour de 1160 ch), et carburant de compétition pour les puristes. Cette flexibilité est rare dans le monde des hypercars.

Cerise sur le gâteau, ce V8 est couplé à une boîte double embrayage sept rapports avec palettes au volant. Les changements de rapports se font en quelques millièmes de seconde. Vous ne perdez jamais le fil de la puissance.

Une rareté absolue : 7 exemplaires dans le monde

Répartition géographique

Koenigsegg n’a produit que sept Koenigsegg One:1. Pas huit, pas dix. Sept. Chacune assemblée à la main dans l’usine d’Ängelholm, au sud de la Suède, entre 2014 et 2015.

La répartition géographique ? Quatre exemplaires sont partis en Asie, deux en Europe, et un seul aux États-Unis. Ce dernier, le châssis #7112, a été livré neuf à Miami en 2015. Il a ensuite été acquis par la célèbre « Racer X Collection » basée à Chicago, où il est resté près d’une décennie avant d’être revendu en novembre 2024 pour plus de 10 millions de dollars.

Ce record propulse la One:1 dans le club ultra-fermé des voitures dépassant les huit chiffres, aux côtés de la McLaren F1, de certaines Pagani Zonda ou de la Mercedes CLK GTR Roadster. Peu de voitures modernes atteignent ce niveau de valorisation.

Pourquoi si peu d’exemplaires ?

Christian von Koenigsegg n’a jamais voulu faire de la One:1 une voiture de série, même limitée. L’idée était de créer un manifeste technique, une démonstration ultime du savoir-faire de l’équipe. Chaque voiture devait être parfaite, chaque détail optimisé, chaque composant repoussant les limites du possible.

Produire seulement sept exemplaires permettait aussi de garantir une exclusivité absolue. Chaque propriétaire sait qu’il possède l’un des objets les plus rares de l’histoire automobile. Et cette rareté alimente la cote.

Pour info, l’usine Koenigsegg emploie environ 115 personnes. Tout est fabriqué sur place : les pièces en carbone sont moulées et cuites dans les hangars, les châssis assemblés à la main, les voitures peintes et finalisées dans l’atelier. C’est du quasi-artisanat à l’échelle industrielle.

Performances réelles et records

Sur le papier, la Koenigsegg One:1 promet la lune. Mais qu’en est-il sur piste ?

En 2015, le pilote d’essai de Koenigsegg a établi un record au circuit de Suzuka (Japon). Temps : 2:01.22, battant d’une seconde la Nissan GT-R Nismo. Certes, ce n’est qu’une seconde. Mais le contexte mérite d’être précisé : la One:1 roulait sur pneus usés, avec un passager à bord, et sans utiliser de carburant E85 (donc avec moins de puissance). Le pilote a lui-même indiqué qu’ils roulaient à un rythme de démonstration, pas à fond. Et malgré ça, record battu.

Lors de tests au Nürburgring, sur la célèbre ligne droite de la Döttinger Höhe, la One:1 a atteint 400 km/h en ligne droite. Koenigsegg évoquait un potentiel de 6 minutes 30 sur le tour complet de la Nordschleife, mais ce temps n’a jamais été officiellement homologué. Un accident lors d’un test en 2015 a stoppé net les tentatives de record.

Résultat : le potentiel théorique de la One:1 n’a jamais été totalement exploité en compétition officielle. Elle reste une voiture mystérieuse, dont les performances réelles laissent imaginer qu’elles dépassent largement ce qui a été mesuré publiquement.

Combien coûte une Koenigsegg One:1 ?

À sa sortie en 2014, le prix d’une Koenigsegg One:1 tournait autour de 2,8 millions d’euros. Un tarif stratosphérique, cohérent avec le positionnement ultra-exclusif de la voiture.

Aujourd’hui, sur le marché secondaire, les choses ont bien changé. En 2017, un exemplaire était affiché à 6,5 millions d’euros au Royaume-Uni. En novembre 2024, le châssis #7112 s’est vendu à plus de 10 millions de dollars aux États-Unis, soit environ 9,5 millions d’euros.

Pourquoi une telle envolée ? Trois raisons principales.

La rareté extrême. Sept exemplaires dans le monde, c’est moins que certaines Ferrari de collection. Et contrairement à une LaFerrari produite à 499 unités, la One:1 restera toujours à sept.

Le statut d’icône. La One:1 marque une rupture dans l’histoire automobile. Elle incarne l’audace d’un petit constructeur qui a osé défier les géants. C’est un symbole autant qu’une voiture.

Les performances. Même des années après sa sortie, la One:1 reste dans le top 10 des voitures les plus extrêmes jamais produites. Son ratio poids/puissance n’a été égalé que récemment par quelques rares machines.

Si vous avez les moyens et qu’un exemplaire se libère, préparez-vous à débourser bien au-delà de 10 millions. Et encore, il faudra que le propriétaire accepte de vendre.

One:1 vs Agera RS : quelle différence ?

La Koenigsegg Agera RS, sortie après la One:1, a battu plusieurs records de vitesse, notamment le 0-400-0 km/h et une vitesse de pointe de 447 km/h homologuée. Alors, la RS est-elle supérieure à la One:1 ?

Pas si simple. Voici un comparatif rapide.

CritèreOne:1Agera RS
Puissance1360 ch1160 ch (SP98) / 1360 ch (E85)
Poids1360 kg1395 kg
Rapport poids/puissance1:10,97:1
AéroOptimisée piste (600 kg d’appui)Optimisée vitesse de pointe
Production7 exemplaires25 exemplaires
Vitesse max homologuéeNon testée447 km/h
FocusPiste + performances absoluesVitesse de pointe + polyvalence

En résumé : la One:1 reste la plus extrême en termes de conception track-focused et de ratio poids/puissance. L’Agera RS a été optimisée pour la vitesse de pointe et homologuer des records officiels. Ce sont deux approches différentes, mais la One:1 conserve son statut de machine ultime, pensée pour repousser toutes les limites simultanément.

L’héritage de la One:1 chez Koenigsegg

La Koenigsegg One:1 n’est pas qu’une voiture. C’est un tournant dans l’histoire de la marque.

Elle a ouvert la voie à des modèles encore plus fous. La Regera, avec son système de transmission direct et ses 1500 ch combinés (thermique + électrique). La Jesko, capable théoriquement d’atteindre 500 km/h et dotée de la boîte la plus rapide jamais conçue (Light Speed Transmission). Et la Jesko Absolut, version ultime dédiée à la vitesse pure.

Toutes ces voitures portent l’ADN de la One:1 : repousser les limites, ne jamais accepter le compromis, inventer des solutions techniques inédites. Christian von Koenigsegg et son équipe ont prouvé qu’un atelier de moins de 200 employés pouvait rivaliser avec Ferrari, Lamborghini ou Bugatti. Mieux : les dépasser sur certains terrains.

La One:1 incarne cette philosophie radicale. Elle reste le symbole de ce qu’une petite équipe passionnée peut accomplir quand elle ne se fixe aucune limite. Un objet de collection autant qu’une prouesse d’ingénierie.

Et franchement, combien de voitures peuvent se targuer d’avoir inventé une nouvelle catégorie automobile ?

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