Comment remorquer une voiture sans permis : solutions et règles

Votre Aixam vient de rendre l’âme en plein centre-ville ? Votre Ligier refuse de démarrer sur le parking du supermarché ? Pas de panique, mais sachez qu’une voiture sans permis ne se remorque pas comme une Clio ou une 208. Son poids plume et sa mécanique spécifique imposent des précautions particulières. Entre le dépanneur professionnel et la remorque plateau faite maison, voici comment déplacer votre VSP en toute sécurité et dans les règles.

Pourquoi une voiture sans permis ne se remorque pas comme les autres

On pourrait croire qu’un véhicule de 400 kg se tracte facilement avec une simple barre de remorquage. Erreur. Une voiture sans permis concentre plusieurs spécificités qui rendent le remorquage classique risqué, voire carrément dangereux.

D’abord, le poids léger. Avec ses 350 à 450 kg selon les modèles, une VSP devient instable dès qu’elle est tractée par un véhicule de 1200 kg ou plus. Le moindre coup de frein, le moindre virage un peu sec, et c’est la queue de poisson assurée. J’ai vu un pote essayer de remorquer sa Microcar avec son Kangoo sur 5 km. Résultat : trois embardées et une belle frayeur. On a fini par appeler le dépanneur.

Ensuite, la transmission fragile. Sur les VSP à moteur thermique, le variateur et l’embrayage n’apprécient pas du tout que les roues motrices tournent librement pendant des kilomètres. Ça chauffe, ça frotte, ça s’use prématurément. Sur les modèles électriques, c’est encore pire : tracter avec les roues au sol peut endommager le moteur électrique de manière irréversible.

Autre souci : la direction et le freinage non assistés quand le moteur est éteint. Autrement dit, celui qui pilote la VSP remorquée doit avoir une sacrée poigne pour tourner le volant et appuyer comme un forcené sur la pédale de frein. Et encore faut-il qu’il ait le permis, car oui, un conducteur titulaire du permis de conduire est obligatoire dans le véhicule tracté.

Enfin, le Code de la route est clair : le remorquage à la barre ou à la corde est interdit sur autoroute et dans certaines zones urbaines. Et même ailleurs, cette méthode n’est tolérée que sur de très courtes distances, vers le garage le plus proche. Si les forces de l’ordre estiment que c’est dangereux, c’est contravention de 3ᵉ classe garantie.

Bref, tracter une voiture sans permis à la barre, c’est possible en théorie, mais fortement déconseillé en pratique. Alors quelles sont les vraies solutions ?

La solution pro : faire appel à un dépanneur

Quand la situation l’exige, rien ne vaut un bon vieux dépanneur avec son plateau. C’est la méthode la plus sûre, la plus rapide, et souvent la moins stressante.

Quand privilégier le dépanneur

Certaines situations ne laissent pas le choix. Si votre VSP est immobilisée sur une route passante ou dangereuse, sur une nationale à 80 km/h par exemple, n’essayez surtout pas de bricoler : appelez directement un pro. Même chose si vous devez parcourir une distance importante, disons plus de 10 ou 15 km. Trimballer une voiture sans permis sur une remorque plateau pendant 50 km, c’est possible, mais ça demande du temps, de l’organisation et une bonne dose de prudence.

Si votre véhicule est accidenté ou endommagé, avec des roues qui ne tournent plus ou une direction bloquée, là encore, le dépanneur s’impose. Et si tout simplement vous n’avez pas de remorque adaptée ni de véhicule tracteur suffisamment puissant, autant gagner du temps et éviter les galères.

Coût et démarches

Le prix d’un dépannage varie pas mal selon la distance, l’heure d’intervention et votre localisation. Comptez entre 100 et 150 € pour un remorquage de jour sur courte distance (moins de 20 km). Pour une intervention de nuit, un week-end ou un jour férié, ça grimpe facilement à 200 ou 300 €. Si vous êtes en zone rurale isolée, ajoutez encore une rallonge pour le déplacement.

Avant de sortir la carte bleue, vérifiez votre contrat d’assurance. Certaines garanties incluent une assistance dépannage avec prise en charge totale ou partielle des frais. Certains contrats proposent même une assistance 0 km, c’est-à-dire dès le premier mètre, même si vous êtes devant chez vous. D’autres imposent une franchise kilométrique, genre assistance à partir de 50 km du domicile. Bref, un coup de fil à votre assureur peut vous faire économiser une belle somme.

Quand vous choisissez un dépanneur, assurez-vous qu’il dispose d’un plateau adapté aux petits véhicules. Certains dépanneurs ne bossent qu’avec des grosses dépanneuses pour SUV et utilitaires, et votre petite Ligier risque de glisser sur les rampes. Un pro habitué aux VSP saura charger votre véhicule proprement et en douceur.

Petite anecdote perso : il y a deux ans, ma CB500X est tombée en panne sur une route de montagne près de Grenoble. Le dépanneur local, un gars adorable avec un gros accent savoyard, m’a expliqué qu’il dépannait régulièrement des Aixam et des Microcar coincées dans les villages perchés. « C’est léger, ça passe partout, mais faut savoir bien les arrimer », qu’il m’a dit. Leçon retenue : un bon dépanneur connaît son affaire et ça se paie.

Remorquer soi-même avec une remorque plateau

Si vous avez le matos et un minimum de débrouillardise, remorquer vous-même votre voiture sans permis sur une remorque plateau est la solution la plus économique et la plus sûre pour un particulier. À condition de respecter quelques règles de base.

Matériel nécessaire

Pour transporter une VSP, il vous faut une remorque plateau ou porte-voiture avec un PTAC (poids total autorisé en charge) d’au moins 750 kg. Ça tombe bien, c’est le standard pour les remorques légères qu’on trouve en location ou à l’achat chez les grandes enseignes. Vérifiez quand même que le plancher est suffisamment grand pour accueillir votre véhicule : une Aixam City fait environ 2,80 m de long et 1,50 m de large.

Vous aurez aussi besoin d’un véhicule tracteur équipé d’un attelage homologué. La plupart des SUV, monospaces et breaks récents peuvent tracter entre 1200 et 1800 kg sans souci. Vérifiez la capacité de traction sur votre carte grise, rubrique F2 (PTRA) et F3 (PTAC du véhicule). La différence entre les deux vous donne le poids tractable maximum.

Côté arrimage, prévoyez au minimum quatre sangles d’arrimage robustes, avec une résistance d’au moins 1000 kg chacune. Les sangles à cliquet sont parfaites : elles se tendent facilement et ne bougent plus une fois serrées. Évitez les vieilles cordes élastiques ou les tendeurs de coffre, c’est bon pour faire tenir un carton, pas une voiture.

Enfin, si votre remorque n’a pas de rampes intégrées, il vous faudra des rampes d’accès pour monter la VSP sur le plateau. On en trouve en alu ou en acier, pliables, pour une cinquantaine d’euros la paire. Ça se range dans le coffre et ça dépanne bien.

Vérifier la légalité avant de partir

Pour tracter une remorque chargée d’une voiture sans permis, le permis B est obligatoire. Ça, c’est la base. Maintenant, vérifions que vous respectez les seuils réglementaires.

Prenons un exemple concret. Vous avez un Dacia Duster avec un PTRA de 3300 kg et un PTAC de 1800 kg. Votre capacité de traction est donc de 3300 – 1800 = 1500 kg maximum.

Vous louez une remorque plateau de 750 kg (PTAC) pour transporter votre Aixam City de 425 kg. Poids total de l’ensemble remorque + VSP : 750 + 425 = 1175 kg. C’est bien en dessous des 1500 kg autorisés, donc le remorquage est légal.

Dernière vérification : le PTAC cumulé du véhicule tracteur et de la remorque. Ici : 1800 kg (Duster) + 750 kg (remorque) = 2550 kg. C’est inférieur à 3500 kg, donc le permis B suffit largement. Si ce cumul dépassait 3500 kg, il faudrait passer la formation B96. Mais avec une VSP légère, on n’atteint jamais ce seuil, sauf à tracter avec un petit utilitaire déjà bien chargé.

En résumé : permis B + respect du poids tractable + cumul PTAC inférieur à 3500 kg = vous êtes dans les clous.

Charger la VSP en sécurité

On arrive au moment délicat : monter la voiture sans permis sur le plateau. Voici comment faire sans casser quoi que ce soit.

Étape 1 : placer la remorque sur terrain plat et stable. Évitez les pentes, les graviers meubles ou les surfaces glissantes. Si possible, stationnez sur du bitume bien droit. Serrez le frein à main de la remorque et calez les roues avec des cales ou des pierres.

Étape 2 : installer les rampes solidement. Fixez-les bien au bord du plateau, vérifiez qu’elles ne bougent pas et qu’elles sont parallèles. Mesurez l’écartement des roues de votre VSP pour ajuster la largeur des rampes. Sur une Ligier, l’écartement avant est d’environ 1,30 m.

Étape 3 : monter doucement la VSP. Moteur éteint, frein à main desserré (sinon les roues arrière ne tournent pas et ça bloque), montez tout doucement. Si le véhicule roule, poussez-le à la main ou faites-vous aider. Si le moteur fonctionne encore, vous pouvez le démarrer et monter au ralenti, mais franchement, à la main c’est plus sûr et plus précis. Une VSP, ça pousse tout seul.

Étape 4 : centrer le véhicule sur le plateau. Positionnez la voiture bien au milieu, ni trop en avant ni trop en arrière. L’idéal, c’est que le poids soit réparti équitablement sur l’essieu de la remorque, environ 10 à 15 cm devant l’axe des roues. Si la charge est trop en arrière, la remorque tangue. Trop en avant, elle appuie sur l’attelage et déséquilibre le véhicule tracteur.

Étape 5 : serrer le frein à main et caler les roues. Une fois la VSP en place, frein à main bien serré, glissez des cales devant et derrière les roues avant et arrière. Ça évite tout mouvement pendant le transport.

Étape 6 : arrimer avec quatre sangles. Fixez deux sangles à l’avant, accrochées aux points d’ancrage du châssis (souvent les berceaux de suspension ou les trous prévus dans le châssis). Même chose à l’arrière. Serrez fermement avec les cliquets, mais sans exagérer non plus : une sangle trop tendue peut déformer une caisse légère. Vérifiez que les sangles sont bien plates, pas vrillées, et qu’elles ne frottent pas sur des arêtes vives.

Étape 7 : vérifier l’éclairage et la signalisation. La remorque doit avoir ses propres feux stop, clignotants et feux de position. Branchez la prise sur l’attelage du véhicule tracteur, testez que tout fonctionne. Si la VSP cache la plaque d’immatriculation de la remorque, fixez une plaque répétitrice à l’arrière du véhicule transporté.

Voilà, vous êtes prêt à rouler.

Conduire avec la remorque chargée

Transporter une voiture sans permis sur remorque, c’est pas sorcier, mais ça change quand même votre façon de conduire.

Respectez les limitations de vitesse. Avec une remorque de plus de 500 kg, vous êtes limité à 80 km/h sur route et 130 km/h sur autoroute (si votre véhicule et votre remorque sont homologués pour). Dans les faits, avec une remorque chargée d’une VSP, rouler à 90-100 km/h sur nationale, c’est déjà bien suffisant. Pas besoin de jouer les kamikazes.

Anticipez les freinages. Votre distance de freinage est rallongée d’au moins 30 %. Gardez vos distances, freinez progressivement, et évitez les coups de frein brutaux. Sur route mouillée, doublez encore la distance de sécurité.

Évitez les manœuvres brusques. Les changements de file, les dépassements, les ronds-points : tout doit être fait en douceur. La remorque suit avec un léger retard, et si vous braquez trop sec, elle peut partir en crabe.

Contrôlez l’arrimage régulièrement. Faites une pause tous les 30 à 50 km pour vérifier que les sangles sont toujours bien tendues, que la VSP n’a pas bougé et que les feux fonctionnent toujours. Ça prend deux minutes et ça évite les mauvaises surprises.

Un dernier truc : en marche arrière, la remorque tourne dans le sens inverse de ce que vous imaginez. Si vous devez reculer, allez-y tout doucement, par petits à-coups, et demandez à quelqu’un de vous guider. Ou entraînez-vous d’abord sur un parking vide, histoire de prendre vos marques.

Pourquoi éviter la barre de remorquage avec une voiture sans permis

Alors oui, techniquement, le Code de la route autorise le remorquage avec une barre rigide sur courte distance. Mais pour une VSP, c’est vraiment la solution de la dernière chance.

Pourquoi ? Parce que les risques sont beaucoup trop élevés. Une voiture sans permis de 400 kg tractée par un véhicule de 1200 kg, c’est l’instabilité garantie. Le moindre freinage un peu appuyé, et la VSP pousse le véhicule tracteur. Le moindre virage, et elle part en dérapage. Sans compter qu’il faut un conducteur au volant de la VSP, avec le permis en poche, et une sacrée force dans les bras pour tourner et freiner sans assistance.

Côté mécanique, c’est pas mieux. Si les roues motrices tournent librement pendant des kilomètres, la transmission en prend un coup. Sur les modèles à variateur, ça chauffe, ça s’use, et vous risquez de vous retrouver avec un variateur HS à remplacer pour 500 ou 600 €. Merci le coup de remorquage à l’économie.

Et puis, même si c’est légal en théorie, les forces de l’ordre peuvent verbaliser si elles estiment que le remorquage présente un danger. Contravention de 3ᵉ classe : 68 € d’amende, voire plus en cas de récidive. Et surtout, c’est interdit sur autoroute et dans certaines zones urbaines.

Mon conseil ? La barre de remorquage, réservez-la aux 500 mètres jusqu’au garage du coin, pas plus. Pour toute distance supérieure, passez par le plateau ou le dépanneur. Votre sécurité et votre mécanique vous diront merci.

Cas particuliers et astuces pratiques

Quelques situations spécifiques méritent une attention particulière.

VSP électrique en panne de batterie

Si vous possédez une Aixam e-City ou une Ligier e-Progress et que la batterie est à plat, ne la tractez jamais avec les roues au sol. Sur un véhicule électrique, les roues sont directement reliées au moteur électrique. Les faire tourner alors que le système est éteint génère du courant qui peut endommager le contrôleur électronique. Résultat : réparation hors de prix.

Pour une VSP électrique, le plateau est obligatoire, point final.

VSP avec remorque attelée

Si votre voiture sans permis tractait elle-même une remorque au moment de la panne, détachez-la avant le transport. Impossible de remorquer une VSP qui tracte déjà quelque chose, c’est dangereux et totalement illégal. Laissez la remorque sur place (en sécurité, évidemment) ou faites-la transporter séparément.

Location de remorque

Vous n’avez pas de remorque sous la main ? Pas de souci, on en loue partout. Les grandes enseignes de bricolage (Leroy Merlin, Brico Dépôt) proposent des remorques plateau à partir de 40 à 60 € la journée, assurance comprise. Les loueurs spécialisés comme Loxam ou Kiloutou en ont aussi, parfois même avec des modèles équipés de treuils électriques pour faciliter le chargement.

Petit conseil : réservez à l’avance, surtout le week-end ou en période de vacances. Les remorques partent vite.

Récapitulatif : comment choisir la bonne solution

Votre VSP est en panne ? Voici comment décider rapidement quelle méthode adopter.

Vous êtes sur une route dangereuse, loin de chez vous, ou le véhicule est accidenté ? Appelez un dépanneur professionnel. C’est la solution la plus sûre et la plus rapide.

Vous avez une remorque plateau et un véhicule tracteur adapté ? Chargez vous-même votre VSP en suivant les étapes décrites plus haut. Vérifiez les poids, arrimage solide, conduite prudente.

Vous êtes à 500 mètres du garage et la route est calme ? Vous pouvez tenter la barre de remorquage, mais franchement, même là, le plateau reste plus sûr.

Votre VSP est électrique ? Plateau obligatoire, jamais de tractage avec les roues au sol.

Dans tous les cas, évitez la barre de remorquage sur longue distance avec une voiture sans permis. C’est risqué, c’est fatigant, et ça peut coûter cher en casse mécanique.

Remorquer une voiture sans permis, ce n’est pas compliqué, mais ça demande du bon sens, du matériel adapté et un minimum de prudence. Privilégiez toujours la méthode la plus sûre pour votre véhicule, pour vous et pour les autres usagers. Et si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à faire appel à un pro : c’est toujours moins cher qu’une voiture cassée ou un accident.

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